La colonisation des esprits : sauvons maintenant la génération à venir de Gaza !

lundi 3 septembre 2012 – 20h:46

Ayman Qwaider

Le blocus israélien qui se poursuit sans relâche depuis six ans et l’invasion de la bande de Gaza l’hiver 2008-2009 ont entraîné une détérioration considérable des infrastructures économiques, sociales et politiques de la société palestinienne.
 
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La détérioration de ces infrastructures essentielles est aggravée par la densité de la population de Gaza, une population vivant dans la zone la plus densément peuplée du monde. Selon les agences des Nations Unies travaillant dans la bande de Gaza, plus de 50 pour cent de la population de Gaza a moins de 18 ans. En raison de ces deux facteurs socio-politiques (par exemple, la suppression des échanges commerciaux par l’occupation israélienne) et démographiques, les Palestiniens de Gaza font face à un besoin constant et croissant de services de santé et autres services sociaux.

La permanente agression israélienne et l’imposition d’un blocus oppressant, placent la jeunesse et les enfants de Gaza dans un environnement injuste et violent où ils font face à de graves conséquences psychologiques, dont des cas endémiques de syndromes de stress post-traumatique (SSPT). Si elles ne sont pas traitées immédiatement, les conséquences des actions d’Israël deviendront probablement l’un des plus grands obstacles à la paix.

Qu’il s’agisse des leadership palestinien et israélien, de la communauté internationale en général et du Conseil de sécurité des Nations Unies en particulier, tous sont responsables de la colonisation des esprits dans la bande de Gaza. L’un des objectifs des organisations qui composent la société civile devrait être le développement d’une culture de la paix, de la tolérance, de la primauté du droit, de la liberté d’expression et d’échange. Il est maintenant temps pour toute la société civile et la communauté internationale de s’unir pour répondre aux besoins de la bande de Gaza et pour aller de l’avant vers une solution juste pour toutes les parties.

J’ai eu récemment une conversation avec un ami du nom de Hatem, qui vit à Gaza. Hatem a un petit garçon âgé d’un an, Karam, avec un beau sourire. Hatem m’a décrit les conditions difficiles que subissent les Palestiniens de Gaza, alors que le siège illégal par Israël se poursuit sans relâche. Il a parlé des coupures constantes de réseau électrique, allant jusqu’à 10 heures par jour, et qui ne sont qu’une seule des innombrables difficultés que les habitants de Gaza doivent endurer, et comment elles affectent l’enfance de son fils. Bien que Karam montre spontanément du bonheur et de la joie quand les lumières s’allument et que la vie peut reprendre avec un certain degré de normalité, son histoire ressemble malheureusement à celles de trop nombreux autres, aux dizaines de milliers d’enfants de Gaza qui perçoivent leur vie quotidienne brisée comme étant la norme.

Une conséquence à long terme du siège imposé par Israël et de la violence brutale qui en résulte est que la vie des enfants de Gaza et leurs perceptions sont terriblement limitées, et comme ils sont constamment et directement menacés par la mort et les destructions, l’ensemble de leurs interactions sociales, y compris l’éducation et leur capacité à apprendre, sont gravement compromises. En outre, l’isolement de Gaza du reste du monde en raison de du bouclage de ses frontières signifie que les Palestiniens de Gaza doivent compter sur Israël pour beaucoup de leurs besoins en soins et médicaments, et pour tous les services essentiels.

Cette dépendance constitue une autre des façons dont les sionistes contrôlent la vie quotidienne des Palestiniens dans la bande de Gaza. Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations Unies, les horaires scolaires à Gaza sont souvent raccourcis à cause des pannes électriques fréquentes et des classes surchargées, ce qui tire vers le bas les normes d’éducation. L’ensemble de ces faits, couplés avec les traumatismes psychologiques et le manque de professionnels de la santé dotés de la formation nécessaire pour le traitement des SSPT et autres problèmes, a des conséquences dévastatrices.

Les enfants sont les premières victimes de l’agression sioniste et du blocus par Israël. Un groupe de réflexion à Gaza a indiqué que les effets à long terme de la poursuite du siège, ainsi que les constantes et violentes opérations militaires contre la bande de Gaza déjà en état d’épuisement, ne se limiteront pas au territoire assiégé. Ce groupe est arrivé à la conclusion que cet environnement cruel aura des conséquences non seulement pour les enfants de Gaza, mais aussi pour les enfants qui vivent en Israël.

Les enfants palestiniens dans la bande de Gaza ne connaissent pas les enfants israéliens. Leur connaissance d’Israël se limite aux opérations militaires, aux assassinats ciblés, aux pannes et aux pénuries de biens et services essentiels que le siège israélien leur refusent. Cette génération d’enfants palestiniens, qui sont aujourd’hui les victimes de la violence et qui souffrent d’un traumatisme psychologique profond, deviendra les combattants de la liberté de la prochaine génération qui seront persuadés qu’il n’y a pas d’autre choix que de se battre et de mourir pour la liberté de leur peuple. Tel est le cycle de la guerre et de l’oppression en Palestine.

Cet article est une invitation à la société israélienne à réfléchir longuement et sérieusement sur ​​l’avenir de ses enfants et des enfants de Palestine. Le gouvernement israélien s’appuie avant tout sur la force militaire comme solution pour traiter la question de Gaza. Le siège de Gaza et l’approche violente d’Israël à l’égard du conflit n’apporteront jamais une solution viable et ne feront que développer une culture de la violence et de la haine plutôt que de la paix.

La communauté internationale doit investir davantage dans la culture de la paix en exigeant qu’Israël ouvre les frontières de Gaza au commerce international et qu’il mette un terme à ses aventures militaristes tout en développant des programmes de sensibilisation à la paix. Des mesures immédiates doivent être prises pour promouvoir des attitudes et connaissances positives afin d’amener des changements de comportement, et pour développer les compétences nécessaires afin d’enseigner aux enfants à prévenir les conflits et la violence structurelle, et à aller de l’avant par des voies positives et pacifiques.

Cela étant dit, sans changement approprié de politique par le gouvernement israélien à Tel Aviv, ces mesures éducatives seront inefficaces. Tant qu’Israël continuera de faire la guerre et d’imposer un blocus brutal sur les Palestiniens de Gaza, les gens vont continuer à résister et à combattre la violence par la violence. Les enfants de Gaza continueront de souffrir. Le cycle se poursuivra ad infinitum.

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12613

 

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